CO-OPERARE

CO-OPERARE, TRAVAILLER ENSEMBLE

Co-operare, travailler ensemble.

Les coopératives sont sans doute un mouvement d’avenir à condition de sortir de cette rhétorique si bien illustrée par la conclusion d’un article du Figaro : « L’intérêt politique accordé aux SCOP se heurte à leur fragilité économique chronique , à la méfiance des banques et à une certaine hostilité du secteur économique. Une broutille dans le tissu économique nationale »

Un projet d’autonomie comporte un volet politique, une dimension culturelle et s’accompagne d’un changement de modèle économique.

La collectivisisation marxiste des moyens de production ne répond pas à l’exigence d’individus autonome , alors que faire ?

L’économie libérale ,ultra libérale comme on la nomme à présent se caractérise par une financiarisation de l’économie au détriment de l’économie de production ; elle renforce  la dimension monopolistique( GAFA, Nestlé…) une extraterritorialité et une absence de régulation.

Face à ce modèle productif la figure de la start up ne suffit pas à modifier le système mais au contraire le renforce.

L’économie est  politique , la science économique ne prédit que des évènements passés et n est plus en capacité de mener des débats comme cela fut le cas entre des politiques Keynésiennes ou de l’offre.

Pour autant l’économie reste toujours politique et il est insuffisant de présenter l’enjeu écologique comme le seul débat politique.

Ce dernier n’est que le dernier avatar , cache sexe, de la volonté d’expansion illimité du capitalisme. La voiture électrique fait vendre de la voiture et remplace le parc automobile ancien, l’éolien ne sera au niveau national que le complément des énergies fossiles, du nucléaire. Que dire du pathétique tri sélectif qui maintient le consommateur et le citoyen dans un habitus d’ emprise au modèle d’expansion.

Contraint entre des solutions aussi absurdes qu’ inefficaces, mais qui dure depuis quarante ans telle que le changement d’heure et une croyance que la science, la technologie apporteront des solutions non liberticides il faut définir une autre voie.

Peut on sortir du capitalisme sans basculer dans la pauvreté ?

L’étape suivante étant : « que peut-on mettre à la place ? »

Co-operare, travailler ensemble n’est certes pas une idée neuve mais qui a fait ses preuves et qui a de l’avenir.

Les coopératives ouvrières de production sont devenus en 2010 une société coopérative et participative ou une société coopérative de production. Je garde pour ma part la référence au monde ouvrier car l’effacer revient à gommer la dimension politique, nier la volonté de transformation sociale.

Dans cet article je souhaite tout à la fois réhabiliter un modèle de production idéologiquement sacrifié compte tenu de sa dimension d’autogestion , mais aussi faire le point sur l’efficacité économique de ce mode de production.

Les deux sont pour moi indissociables et c’est la raison pour laquelle je finirais cette étude par une explicitation de la pensée Conseillistes à travers le travail de Miguel Abensour et celui de Cornélius Castoriadis.

Au cours des trois premiers quarts du 19e siècle, les ouvriers cherchent à défendre leur droit au travail et leur autonomie. Des associations ouvrières sont créées de façon clandestine, la loi Le Chapelier de 1791 les interdisant.

Les apports de théoriciens et de praticiens utopistes, popularisant les idées de communauté et de démocratie, ont contribué à faire émerger le mouvement de la coopération de production. Parmi les plus célèbres : Saint-Simon, Charles Fourier, Jean-Baptiste Godin, Louis Blanc, Philippe Buchez, Jeanne Deroin, Joseph Proudhon, Robert Owen (Angleterre)…

Les pionniers équitables de Rochdale sont parfois abusivement présentés comme les initiateurs du mouvement coopératif. La réalité est toute autre. Dans la diversité des premières expériences coopératives, celle de Rochdale est singulière en ce sens que, plutôt que de créer une coopérative de travail, des tisserands vont initier un rassemblement de consommateurs pour réunir un capital et ouvrir un magasin. Cette expérience va rencontrer un succès quasi-immédiat qui sera à l’origine du Coopérative group britannique qui emploie aujourd’hui plus de 70 000 salariés et regroupe plus de 4,3 millions de membres.

La formation de la société initiale est  largement influencée par les principes de Robert Owen ; l’ouverture en 1844 du premier magasin de Toad Lane (la ruelle des crapauds) à Rochdale (dans les faubourgs de Manchester)  mêle un sentiment d’intimidation et de fierté vis-à-vis du chemin réalisé.  Cette expérience est un aller-retour permanent entre une volonté claire de transformation sociale de la condition ouvrière et le pragmatisme de la pratique commerciale.

Alors que les pionniers de Rochdale tentaient de créer des structures permettant une coopération entre travailleurs et usagers qui se substituerait au marché et à l’entreprise capitaliste, l’ orientation productiviste  réduira les travailleurs à un rôle purement subordonné dans la coopérative d’usagers. Ce n’est qu’un siècle plus tard, avec la constitution d’Eroski comme coopérative mixte travailleurs-consommateurs dans les années 1960 au sein du groupe Mondragón, puis avec les coopératives sociales italiennes ou les Scic en France à partir de 2002, que les travailleurs retrouveront une place dans des coopératives destinées à l’usage. C’est la délibération par collèges – travailleurs, usagers et autres – qui permet de s’assurer que l’expression des travailleurs d’une coopérative d’usagers ne sera pas «noyée » par la règle « une personne – une voix ».

Mais l’ hégémonie marxiste et communiste ont  jouer un rôle prédominant pour placé dans l’oubli les autres  entreprises militantes du mouvement social. Les Associations ouvrières de production (AOP) qui apparaissent au XIXe siècle, devenues au XXe siècle les Sociétés coopératives ouvrières de production puis, au XXIe siècle, les Sociétés coopératives et participatives (SCOP), constituent ici un exemple emblématique.

Dans un pays comme la France où l’artisanat a dominé le monde industriel, les précurseurs du mouvement ouvrier ont longtemps été des défenseurs de la libre association de travailleurs, fondée sur des principes d’égalité et de fraternité produits par l’activité de travail. Comme le signale l’historien Jean Gaumont , les premières velléités revendicatives de la classe laborieuse sont marquées en effet par de fortement dimensions corporatistes, issues le plus souvent d’organisations compagnonniques. Réunissant des travailleurs très qualifiés, comme les canuts lyonnais par exemple, ces groupes visent le plus souvent à supprimer les intermédiaires, associés à des « parasites ». Dans les années 1830, Philippe Buchez est l’un des premiers à échafauder un modèle plus élaboré d’association ouvrière : il conçoit une organisation fondée à la fois sur un principe démocratique, où les associés éliraient leurs représentants, et un principe éthique, faisant du capital un bien commun inaliénable. Ses principes conduisent à la création des toutes premières associations ouvrières, tels les bijoutiers en doré à Paris , qui connaissent une notoriété et une longévité rares au XIXe siècle. De fait, les idées de Buchez rencontrent un écho relatif parmi les groupes ouvriers.

Dans une France rurale, exposée à une forte instabilité politique, l’association ouvrière demeure un modèle largement ignoré en dehors des quelques cercles de travailleurs ou d’intellectuels politisés. Ces derniers parviennent toutefois progressivement à convaincre que l’atelier constitue le moteur d’un changement radical de la société française et du capitalisme. À la faveur d’événements révolutionnaires, ils réussissent même à faire advenir leurs projets d’émancipation, en particulier lors de la révolution de 1848 et la naissance de la Seconde République. Dans l’ombre des ateliers nationaux, Louis Blanc met en place les ateliers sociaux, c’est-à-dire des associations ouvrières créées et soutenues par l’État. Près de 250 naissent avant d’être écrasées par le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte en 1851. L’utopie ne disparait pas pourtant, portée par des intellectuels très influents, comme Pierre-Joseph Proudhon. Considérant que le salariat vole le collectif par l’individualisation des modes de rémunération, il prône sans relâche l’érection de modes d’échanges mutuellistes et fédératifs en remplacement du capitalisme.

Son influence se combine bientôt à l’apparition croissante de « coopératives », terme qui est alors exclusivement associé à la consommation. Dans la deuxième partie du XIXe siècle, la naissance du mouvement socialiste français est en effet influencée par l’expérience des équitables pionniers de Rochdale réunissant, pour la première fois, des consommateurs (voir ci-dessus).

Ainsi, des leaders comme Benoit MalonEugène Varlin ou Leo Frankel vont être les porte-flambeaux d’une émancipation ouvrière fondée sur l’autonomie économique et productive. Le mouvement ouvrier est alors « autogestionnaire » — terme anachronique ici — dans sa conception de la lutte et de sa libération et suit un processus démarrant par la création d’une société de crédit mutuel, prolongée par la création d’une coopérative de consommation pour finir par celle d’une association ouvrière . Acteurs importants de la Commune de Paris en 1871, Malon et Frankel envisagent de transformer les entreprises abandonnées en coopératives de production. Dans les faits, une seule sera gérée par des ouvriers, la coopérative des fondeurs de fer (voir Pierre Marc). L’entreprise n’est pas expropriée mais louée à son patron avec qui l’entente sera très cordiale jusqu’à la fin de l’expérience communarde .

Cette irruption du mouvement ouvrier de production, faite de grands soirs et d’expériences sporadiques, finit par se structurer au moment même où le marxisme surgit en France. Alors que l’idée d’une conquête du pouvoir par les urnes et/ou la grève générale fait progressivement son chemin, les associations ouvrières apparaissent comme un moyen d’intégration de la classe ouvrière au projet de la IIIe République. Traumatisés par l’épisode la Commune de Paris, des républicains modérés comme Léon Gambetta ou Waldeck-Rousseau vont militer ardemment pour accompagner les associations ouvrières afin de « faire entrer le prolétariat dans la bourgeoisie ». Avec la création de la Verrerie ouvrière d’Albi, Jean Jaurès participe de son côté à l’une des plus grandes expériences coopératives de production. Celle-ci apparaît comme l’un des instruments de la conquête de l’émancipation ouvrière, aux côtés des coopératives de consommation et des syndicats. Mais l’émergence institutionnelle du mouvement ouvrier coopératif de production reste avant tout de nature profondément corporatiste en cette fin de XIXe siècle. Souvent d’obédience franc-maçonnique, ses principaux instigateurs se revendiquent également beaucoup de la pensée de Charles Fourier qui épouse bien la représentation qu’ils se font de l’équité professionnelle : la coopération s’entend en effet comme un juste équilibre entre l’apport en capital, en travail et en « talent » (incarné par le dirigeant). Avec son familistère situé à Guise, Jean-Baptiste Godin met en place une véritable société ouvrière d’inspiration phalanstérienne. Dans cet univers où les travailleurs et leurs familles sont intégralement pris en charge, Godin tente d’instaurer des pratiques nouvelles de travail, comme l’élection démocratique des meilleurs ouvriers, avec un succès relatif . Surtout, il transforme progressivement l’entreprise en coopérative de production avant de la céder intégralement aux travailleurs de l’entreprise. De façon plus confidentielle, se développent d’autres expériences inspirées par le modèle fouriériste, comme l’entreprise de peinture Jean Leclaire ou la coopérative le Travail . Une fois de plus, la pensée fouriériste offre un vernis socialiste à des pratiques corporatistes, où la cooptation par l’ancienneté et la qualification constituent les principales valeurs d’appartenance, de pouvoir et de rémunération. De fait, être membre de la coopérative et bénéficier de ses avantages sociaux ne concerne souvent qu’une infime partie de ses travailleurs, faisant des coopératives de production un exemple emblématique de l’aristocratie ouvrière.

Ce penchant aristocratique n’interdit pas une certaine proximité entre les associations ouvrières et les autres structures ouvrières. Le premier congrès Ouvrier de France tenu en octobre 1876 est ainsi l’œuvre de Jean Joseph Barberet, un militant syndical et coopérativiste. Proche de Wadelck-Rousseau, il sera l’un des artisans des lois autorisant la liberté de réunion (1881), le fait syndical (1884) et l’association (1901). Mais cette proximité lui sera longtemps reprochée par les fractions guesdistes du mouvement ouvrier, conduisant à son éloignement à partir du congrès ouvrier de 1879. Il se rapproche alors un peu plus des sphères de l’État et des voies les plus institutionnelles. La création de la 1re Chambre consultative des associations ouvrières de production de France en 1884 se fait ainsi sous le haut patronage du ministre de l’Intérieur et bénéficie du soutien actif du gouvernement (notamment via des marchés publics). Elle est alors dirigée par un militant fouriériste, Henry Buisson, dirigeant de la coopérative le Travail. Il y défend une conception « très ouverte » de la vie coopérative, arguant du besoin incontournable de capitaux extérieurs.

De son côté, la création de la CGT, en 1895, constitue également un terreau favorable à l’essor institutionnel des associations ouvrières. Loin d’être la « courroie de transmission » d’une Parti communiste hégémonique comme elle le deviendra bien plus tard, la CGT est un syndicat où se retrouvent différents courants, notamment réformistes, favorables à la présence de coopérateurs. Si la chambre consultative connaît toute une série de présidents lors de la 1re moitié du XXe siècle, c’est son secrétaire général Edmond Briat qui tient alors les rênes de l’organisation . Fondateur du syndicat des ouvriers en instruments de précision en 1892, artisan de son adhésion à la CGT en 1895, fondateur et co-directeur de la coopérative AOIP en 1896, Briat se présente comme un fervent militant syndical, révolutionnaire avant de glisser vers un positionnement bien plus institutionnel. Il impose la syndicalisation obligatoire pour les coopératives adhérentes et entretient une proximité avec les milieux réformistes de la CGT [7]. En 1923, un accord entre la chambre consultative et la confédération dispense les AOC de grève en contrepartie d’une participation aux caisses de grève, d’appliquer rétroactivement les revendications satisfaites et d’accepter le monopole syndical d’embauche. Dans un contexte de lois sociales balbutiantes, les associations ouvrières se présentent alors comme des modèles de protection des travailleurs, fournissant des caisses de retraites et de secours mutuel à leurs associés. Plus globalement, le syndicalisme fournit l’essentiel des cadres du mouvement coopératif pendant toute la 1re partie du XXe siècle.

Cette influence se traduit en 1937 par l’adoption d’un nouveau nom pour l’organisation qui devient dès lors la Confédération générale des SCOP de France (CGSCOP) et s’organise sur des bases professionnelles. Cette transformation marque paradoxalement le terme d’un éloignement du mouvement ouvrier. Farouchement anticommunistes, les dirigeants coopérativistes se tiennent à distance du Front populaire.

L’organisation et les coopératives de production demeurent des entreprises plutôt « aristocratiques » où les principes fouriéristes de différenciation statutaires fondent une hiérarchie puissante entre « associés » et « auxiliaires ». Toujours d’extraction syndicale, le nouveau dirigeant Antoine Antoni développe toute une série d’outils institutionnels et financiers au cours des Trente glorieuses. Il ouvre également le mouvement aux autres acteurs de l’économie sociale ainsi qu’aux structures du mouvement coopératif international. Il parvient surtout à intégrer en douceur de nouveaux acteurs du mouvement avec les membres des communautés de travail, telle que Boimondau, créée par Marcel Barbu, auquel succède Marcel Mermoz.

L’arrivée des communautaires au sein de la CGSCOP bouscule progressivement les principes fouriéristes du mouvement en imposant à la fois des critères de rationalisation, de gestion et de démocratie en lieu et place de la hiérarchie imposée par l’ancienneté, la qualification et la cooptation. Le mouvement se renouvelle aussi et surtout grâce son secrétaire général, François Espagne, qui mène des actions de lobbying politique très efficaces sur la période. Il parvient en ce sens à des avancées législatives inédites, en incluant les coopératives dans la loi sur la participation de 1969 mais surtout en faisant voter la loi sur les SCOP en 1978. Il réalise ici un tour de force en interne, en imposant dans les statuts des coopératives les principes de Philippe Buchez : les coopératives sont désormais contraintes de respecter le principe « une personne, une voix », indépendamment de l’apport au capital ou de l’ancienneté. De même, les réserves deviennent désormais obligatoires et impartageables.

Cette brève histoire du mouvement des sociétés ouvrières de production souligne des évolution faites de contradictions, d’orientations politiques et économiques différentes entre Fouriériste, organisation syndicale,  corporation ou communautaire.

Le, les fils du projet d’autonomie sont fragiles .

Je pourrais d’ailleurs enrichir cet article du rôle notable de l’émergence des banques coopératives, du micro crédit et le l’impact de la pensée de Raiffeisen sur le développement de l’économie sociale et populaire.

 Le mouvement  des SCOPs connaît une expansion continue, avec des périodes de fortes turbulences au début des années 1980.

Depuis, à la faveur d’une forte décentralisation, le mouvement n’a cessé de progresser en nombre de créations et en nombre d’emplois atteignant en 2021 plus de 3 000 créations d’entreprises et 63 000 salariés. Derrière cette expansion se cachent parfois des tiraillements entre des inclinations à vouloir apparaitre comme des « entreprises comme les autres » et de nouvelles pratiques démocratiques inspirées de théories organisationnelles et de nouveaux statuts : Société coopératives d’intérêts collectifs (SCIC) et Coopératives d’activités et d’emploi (CAE).

L’activité reste également globalement soutenue avec un chiffre d’affaires agrégé de 6,3 milliards d’euros, soit + 8 % en un an. En 2020, le solde net des emplois au sein des Scop et des Scic est largement positif puisque le Mouvement dénombre près de 4 000 emplois supplémentaires. Il s’agit pour les trois quarts de l’évolution des effectifs au sein des coopératives existantes antérieurement à 2020.  Les 203 coopératives créées dans l’année 2020 ont, quant à elles, généré 1 400 emplois.

S’agissant des créations en 2020, la création ex nihilo a concerné 123 coopératives, soit 61 % des créations annuelles et 23 % des effectifs générés par les créations. 18 % des créations concernent des transmissions d’entreprises saines représentant 44 % des effectifs associés aux nouvelles créations. Les transformations d’associations représentent 16 % des créations et 17 % des emplois générés. Enfin, les reprises d’entreprises en difficulté ne totalisent que 11 coopératives créées (soit 5 %), mais 16 % des effectifs générés par les créations de l’année.

De manière générale et encore cette année, les Scop et Scic sont prédominantes dans les servicesla construction et l’industrie, que ce soit en nombre d’entreprises, en nombre de salariés ou de chiffre d’affaires.

Les sociétés ouvrières de production repose désormais sur une charte commune

Une coopérative est une association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs au moyen d’une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement.

Les valeurs fondamentales des coopératives sont la prise en charge et la responsabilité personnelles et mutuelles, la démocratie, l’égalité, l’équité et la solidarité. Fidèles à l’esprit des fondateurs, les membres des coopératives adhèrent à une éthique fondée sur l’honnêteté, la transparence, la responsabilité sociale et l’altruisme.

Les principes coopératifs constituent les lignes directrices qui permettent aux coopératives de mettre leurs valeurs en pratique :

1ER PRINCIPE : ADHÉSION VOLONTAIRE ET OUVERTE À TOUS

Les coopératives sont des organisations fondées sur le volontariat et ouvertes à toutes les personnes aptes à utiliser leurs services et déterminées à prendre leurs responsabilités en tant que membres, et ce sans discrimination fondée sur le sexe, l’origine sociale, la race, l’allégeance politique ou la religion.

2E PRINCIPE : POUVOIR DÉMOCRATIQUE EXERCÉ PAR LES MEMBRES

Les coopératives sont des organisations démocratiques dirigées par leurs membres qui participent activement à l’établissement des politiques et à la prise de décisions. Les hommes et les femmes élus comme représentants des membres sont responsables devant eux.

Dans les coopératives de premier niveau, les membres ont des droits de vote égaux en vertu de la règle : un membre, une voix.
Les coopératives d’autres niveaux sont aussi organisées de manière démocratique.

3E PRINCIPE : PARTICIPATION ÉCONOMIQUE DES MEMBRES

Les membres contribuent de manière équitable au capital de leurs coopératives et en ont le contrôle. Une partie au moins de ce capital est habituellement la propriété commune de la coopérative. Les membres ne bénéficient habituellement que d’une rémunération limitée du capital souscrit comme condition de leur adhésion.

Les membres affectent les excédents à tout ou partie des objectifs suivants : le développement de leur coopérative, éventuellement par la dotation de réserves dont une partie au moins est impartageable, des ristournes aux membres en proportion de leurs transactions avec la coopérative et le soutien d’autres activités approuvées par les membres.

4E PRINCIPE : AUTONOMIE ET INDÉPENDANCE

Les coopératives sont des organisations autonomes d’entraide, gérées par leurs membres. La conclusion d’accords avec d’autres organisations, y compris des gouvernements, ou la recherche de fonds à partir de sources extérieures, doit se faire dans des conditions qui préservent le pouvoir démocratique des membres et maintiennent l’indépendance de leur coopérative.

5E PRINCIPE : ÉDUCATION, FORMATION ET INFORMATION

Les coopératives fournissent à leurs membres, leurs dirigeants élus, leurs gestionnaires et leurs employés l’éducation et la formation requises pour pouvoir contribuer effectivement au développement de leur coopérative. Elles informent le grand public, en particulier les jeunes et les dirigeants d’opinion, sur la nature et les avantages de la coopération.

6PRINCIPE : COOPÉRATION ENTRE LES COOPÉRATIVES

Pour apporter un meilleur service à leurs membres et renforcer le mouvement coopératif, les coopératives oeuvrent ensemble au sein de structures locales, nationales, régionales et internationales.

7E PRINCIPE : ENGAGEMENT ENVERS LA COMMUNAUTÉ

Les coopératives contribuent au développement durable de leur communauté dans le cadre d’orientations approuvées par leurs membres.

Le dynamisme économique est également certain, le chiffre d’affaire des Scop françaises atteint 4 milliards d’euros. En moyenne, de 40 à 45% des bénéfices sont par ailleurs distribués aux salariés sous forme de participation.
La Confédération générale des Scop souligne en outre la pérennité des Scop: parmi celles ayant vu le jour il y a trois ans, 82,5% poursuivent aujourd’hui leur activité, une vraie performance en ce contexte de crise.

 Dans un contexte de dérégulation et de concurrence accrue, le modèle démocratique et équitable des Sociétés coopératives et participatives n’a jamais autant semblé être le meilleur rempart de l’emploi et des savoir-faire.

Je souhaite terminé cet article en le prolongeant sur l’absence de considération du mouvement conseilliste en France même parmi les deux intellectuels les plus proche de cette pensée , Miguel  Abensour et Cornélius Castoriadis.

Miguel Abensour, comme Cornelius Castoriadis, est partisan d’une révolution conseilliste qui mettrait à bas le capitalisme et l’État. Du temps de la guerre froide, dans un climat intellectuel fortement polarisé où chacun était tenu de prendre parti pour l’un des deux blocs, ces deux philosophes partageaient ainsi ce singulier refus de choisir « l’émancipation moderne se retourne en son contraire, donne naissance à de nouvelles formes de domination et d’oppression – à la barbarie – et, ce en dépit de l’intentionnalité émancipatrice de départ » Miguel abensour.

Pour autant les références historiques et théoriques sont présentes de manière régulière et toujours laudative dans l’œuvre de Miguel Abensour et de Cornelius Castoriadis. Lorsqu’Abensour fournit des exemples historiques de ce qu’il nomme « utopie », cela concerne presque systématiquement les soviets russes ou la Commune de Paris. Quant à Castoriadis, il n’a cessé de défendre l’idée qu’une vraie démocratie devrait fonctionner suivant un système de Conseils [Castoriadis, 1979].

Parfois aussi désigné par l’appellation « communisme de conseils » ou « communisme de gauche », ce courant, bien mal connu et  donc assez peu étudié, se situe quelque part entre le léninisme et l’anarchisme. Explicitement révolutionnaire, il s’éloigne cependant du léninisme par sa sévère critique de la bureaucratie et il se distingue de l’anarchisme par son refus du spontanéisme. Dans une recherche incessante de conciliation entre démocratie et efficacité, entre radicalité et pragmatisme, le conseillisme prend pour références historiques les conseils d’ouvriers et de paysans nés en Russie en 1905 et en février 1917, lors de la Révolution allemande de 1918-1919, à Turin la même année et à Budapest en 1956. Anton Pannekoek  et Rosa Luxemburg  constituent les deux théoriciens incontournables de ce courant, auxquels il faudrait ajouter ensuite des penseurs tels que Oskar Anweiler , Karl Korsch  et Maximilien Rubel .

Conseillisme révolutionnaire et Scop ne sont pas directement liés mais ce rapprochement se justifie à mes yeux par la recherche d’un projet d’autonomie  dépassant tout à la fois le libéralisme économique et la démocratie.

Publié par faitetafaire1128

Qui suis -je ? Trop vaste question pour moi et pour vous. je suis un peu celui qui se refuse à s'en remettre aux autre sans comprendre par soi même . Je suis celui qui aime les personnes mais s attache peu au genre humain. Je suis un enfant des trains électriques, des petits cyclistes , qui allait voir décoller les avions au Bourget avec son père. Je suis un fils d'immigré républicain espagnol qui aime la France mais se désole du refus de mes contemporains d être ce que nous sommes, c est à dire une civilisation judéo chrétienne accueillante mais intransigeante sur l art de vivre à la française qui reste notre seul héritage. J aime la pensée, la philosophie , mais aussi la spiritualité qui forge les cultures. j espère que mes petites lucarnes , plus ou moins régulières- travail et ultra trail oblige- vous feront plaisir.

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